Irlande du Nord.

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Irlande du Nord.

Message  Santag le Dim 15 Aoû - 12:51

diablotin

Envoi de: "noe"
Date: Sam 14 août 2010 20:42

La pauvreté mise en cause dans les émeutes en Irlande du Nord
Cela n'est pas une coïncidence si la violence a éclaté dans les zones
parmi les plus pauvres du Royaume-Uni.
La misère est complice du sectarisme.
____________________________________________________________________________________________

Mary O'Hara
guardian.co.uk, Mercredi 14 Juillet 2010, 10h30 BST

Vous avez probablement lu de nombreux articles sur l'Irlande du Nord ces
derniers jours, principalement sur les émeutes qui ont éclaté, et les
condamnations et inquiétudes évoquées. Vous avez même peut-être récupéré
quelques vidéos sur YouTube et vu des jeunes (pour la plupart) hommes et
adolescents bombarder la police avec des cocktails Molotov et autres
projectiles artisanaux qu'ils avaient sous la main.

Cependant, à moins que vous ne soyez vraiment au courant des évènements,
ou que vous ne vous teniez régulièrement au courant des développements en
Irlande du Nord, vous serez logiquement déconcertés et vous demanderez
pourquoi, alors que la paix est censée s'être installée, des images
évoquant le "mauvais vieux temps" sont "transmises dans le monde entier",
ainsi que l'exprime un porte-parole de la police.

Il y a de nombreux reporters et publicateurs sur ce site et ailleurs qui
esquissent les perversions habituelles des émeutes, y compris les rôles
joués par l'Ordre Orange, la Commissions des Parades, les dissidents et
les soi-disant "casseurs". Bien que tout ceci soit absolument essentiel
pour donner sens à ce qui se passe, il est néanmoins utile de prendre du
recul pendant un instant afin d'examiner le tout à travers un prisme
légèrement différent.

Il est impossible pour quelqu'un tel que moi, qui a grandi dans une des
zones les plus affectées par le Conflit, de ne pas remarquer que les zones
actuellement ébranlées par des émeutes, des voitures brûlées et des
confrontations avec la police, sont celles qui ont le plus souffert ces
dernières décennies. Ce n'est pas une coïncidence. Ce n'est pas une
coïncidence non plus que ces émeutes n'ont pas lieu dans des parties plus
prospères de la région, de la même manière que ça n'était pas le cas dans
le passé.

J'ai observé ces jeunes et, à part pour une différence de look, ils
pourraient très bien être les mêmes que ceux qui étaient dans les rue dans
les années 70 et 80. Et voir cela me déchire l'âme.

Les raisons pour lesquelles les générations actuelles imitent les
précédentes sont considérables et complexes, mais un facteur trop souvent
ignoré aux informations est leur condition de vie. Le fait est que, malgré
tous les progrès qui ont été fait ? et on peut dire qu'il y a vraiment eu
de quoi célébrer ces dernières années ? des quartiers tels que Ardoyne et
certaines parties dans l?ouest de Belfast restent d?incroyables zones de
misère retranchée. Malgré le travaille admirable des individus, des
associations de quartier et des communautés en règle générale pour
arranger les choses, le sectarisme se maintient et la pauvreté et
l?exclusion sociale sont ses complices volontaires.

Il est trop facile, et franchement irresponsable sur le long terme, de
considérer ces émeutiers comme des "voyous", des "fanatiques", des
"éléments criminels" ou, en effet, des "casseurs" (et croyez-moi, je sais
d'amère expérience que tous ceux-là auront un rôle à jouer). Si
effectivement, ainsi que beaucoup de ceux qui analysent la situation au
fur et à mesure qu'elle se déroule suggèrent, les émeutes sont une
réaction directe de la part de jeunes gens manipulés par des dissidents,
il ne s'agît toujours que d'un aspect. Le fait est que pour qu'elles se
déclenchent, encore faut il qu'il y ait un considérable degré de
frustration, de désespoir et d'anomie mélangé avec ce tribalisme.

Malgré tous les investissements des années suivant l'Accord du Vendredi
saint et les transformations politiques, les zones d'Irlande du Nord sur
lesquelles vous êtes entrain de lire sont parmi les plus défavorisées du
Royaume-Uni. Dans certains coins au ord et à l'ouest de Belfast, le
chômage est rampant (et l'était même pendant le boom), tandis que ces
mêmes endroits sont quotidiennement au dernier rang de presque tous les
indices en ce qui concerne la misère et l'exclusion. Si nous voulons
sérieusement nous occuper de l'exclusion sociale, de la pauvreté, de la
criminalité infantile, des attaques au couteau ? de n'importe quelle
manifestation d'une société agitée dont nous parlons en Irlande du Nord,
ou n'importe où d'ailleurs ? nous devons commencer par nous demander
"pourquoi", et nous devons en finir avec une réponse qui ne fait pas que
renforcer ce malheureux statu quo.

Ne vous trompez pas, ceci n'est pas une sorte de tentative pour justifier
la violence, ou pour excuser ce qui s'est passé les jours derniers. Il
s'agît simplement de reconnaître le fait que les gens qui vivent dans les
zones affectées méritent mieux que ça. Ils ont vécus beaucoup trop
longtemps avec ça.

En octobre de l'année dernière, Alex Attwood du SDLP (Social Democratic
and Labour Party), parlant de Belfast ouest en particulier, résuma avec
éloquence lors d'une motion dans les premiers jours de l'Assemblée
d'Irlande du Nord quelques dures vérités que nous devrions garder en tête.

«J'ai offert une ou deux solutions au problème du manque de développement
dans Belfast ouest, mais la vraie question est pourquoi. Ça n'est pas
simplement parce-que cette partie de notre pays a souffert, avec Belfast
nord, la plus grande perte en vie humaine et les plus grands
bouleversements et désordres pendant les années du conflit. C'est
également parce-que Belfast ouest, quand mesurée à travers pratiquement
tous les indices de pauvreté, arrive tout en bas ou presque du classement.
Ceci est confirmé par des chiffres sortis en Août (2009), qui démontrent
que la circonscription de Belfast ouest... a le quatrième taux de chômage
le plus élevé de toutes les circonscriptions de Westminster. Ce taux
comprend 22,6 % d'hommes et 7,3% de femmes : 15, 8 en tout. Imaginez une
rue dans laquelle 22,6% de la population masculine adulte ne travaille
pas.

«Bien que ces chiffres soient durs, ils ne commencent même pas à raconter
l'histoire des luttes quotidiennes des gens pour réussir à vivre dans ces
conditions. Ces chiffres ne peuvent pas retranscrire le désespoir et
l'exaspération des gens dans cette condition. Ils ne peuvent pas et ne
retranscrivent pas à quelle point la vie est aliénante pour les gens dans
cette condition. Ils ne peuvent pas mesurer les dommages que subit l'âme
d'un individu ou d'une communauté qui a fait preuve d'une telle ténacité
face à l'adversité par tous les moyens pendant les 30 ou 40 dernières
années.»

Exactement.

Santag
Brigand
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